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Les Nouvelles du Futur — Futurons !

Les nouvelles du futur

Fragments de ce qui est à venir et signes avant-coureurs

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Le futur est… un robot superintelligent un.e cybionte

1997. Deep Blue, le superordinateur d’IBM, gagne la partie d’échecs qui l’oppose à Garry Kasparov, le grand maître russe.
«  La machine victorieuse de l’homme ! » annoncent les journaux télévisés. Et d’insister sur l’importance exceptionnelle de ce moment, de ce point de bascule, où l’intelligence artificielle a triomphé de intelligence humaine. Assurément, nous entrons dans une nouvelle ère… Une ère où l’Homme devra apprendre à compter avec l’intelligence de ses machines. Autant dire… l’ère du jugement dernier (vous savez, comme dans Terminator 2, celui de 1991).

L’Homme, à l’image de Kasparov, s’en prend un bon coup dans l’égo. Le russe, opiniâtre et mauvais perdant n’aura plus en tête que de comprendre sa défaite pour prendre sa revanche et « tailler en pièces » cet adversaire hors-norme. Il finira par renoncer, pour emprunter une voie nouvelle… et conjuguer ses forces avec celles de l’ordinateur.
Le logiciel qu’il met au point, Advanced Chess, ne rencontrera pas le succès qu’il imaginait, pourtant en 2005, un tournoi « freestyle » (qui autorise les joueurs à s’aider d’ordinateurs et logiciels) sera une révélation. Deux amateurs, équipés d’ordinateurs tout ce qu’il y a de plus banal, vaincront un parterre de grands maîtres équipés de machines de haut niveau. En d’autres termes, « un humain de faible niveau s’aidant efficacement d’une machine médiocre est supérieur à une machine très puissante seule, mais plus remarquable encore, il est supérieur à un humain plus compétent aidé d’une machine puissante qu’il maîtrise moins bien ».

Alors oui, robots, capteurs, agents intelligents et algorithmes occupent et occuperont une place de plus en plus importante dans nos usines, nos hôpitaux, nos entrepôts et nos bureaux.

Mais vont-ils nous remplacer ? Détruire nos emplois ?
Certains, peut-être, qui consistent essentiellement en des tâches répétitives ou processus cognitifs dits de bas niveau… mais existe t’il seulement des métiers qui ne feraient JAMAIS intervenir l’intuition, la créativité, l’empathie ?

C’est l’objet d’un intense débat chez les expert.e.s qui cherchent à évaluer l’impact de l’automatisation dans les années à venir. Et suivant la façon dont on modélise les compétences mobilisées par nos métiers on aboutit à des chiffres qui varient du simple au triple.

Certain.e.s (et pas les moins avancé.e.s) reconnaissant tout simplement ne pas être en mesure de répondre à cette question qui alimente toutes nos angoisses.

Dans le doute, autant anticiper.
Pourquoi pas, comme nous y invite Garry Kasparov, en apprenant à dépasser notre peur du « grand remplacement » (non, Renaud, non Éric, pas celui auquel vous pensez, l’autre, celui où l’étranger serait un automate plutôt qu’un.e réfugié.e climatique). Et si nous nous inspirions du vivant et de sa capacité à co-évoluer pour entrer en coopération avec nos machines ?

Ça n’a d’ailleurs rien d’une idée nouvelle, dès les années 60, J.C.R. Licklider, l’un des grands pionniers de l’informatique, plaide déjà pour la symbiose homme-machine. Il imagine déjà cette relation mutuellement bénéfique comme une aide en temps réel à la pensée, la machine mettant au service de la formulation et de la résolution de problèmes sa capacité de traitement de l’information. Ce partenariat « sera capable de réfléchir comme aucun être humain ne l’a jamais fait, et de traiter les données d’une manière qu’aucun ordinateur que nous connaissons actuellement n’a jamais approchée ».

Plus proche de nous, Joël de Rosnay, dans L’Homme Symbiotique voit, en 1995, le développement d’Internet et l’interconnexion des intelligences comme l’acte de naissance d’un organisme planétaire vivant dont nous serions les cellules et les neurones. Un « cybionte » — contraction des termes cybernétique et biologie : « embryon d’un corps et esquisse d’un esprit » à l’échelle de la Terre qui se maintiendrait en vie « grâce aux grandes fonctions écologiques et économiques qui constituent l’écosphère ». Sa conscience, collective, émergeant de « la communication simultanée des cerveaux des hommes … ». Un organisme planétaire, hybride et pensant, grâce à la coopération, susceptible de résoudre les problèmes les plus complexes et d’apprendre.

Par bien des égards, nous sommes déjà des cyborgs, des hybrides. Prothèses, implants, qui restaurent certaines de nos capacités ou nous maintiennent en bonne santé, réseaux, ordinateurs, smartphones, consoles de jeu, casques de réalité virtuelle… qui augmentent nos sens et capacités cognitives… la frontière entre nos corps et nos machines est de plus en plus ténue et se brouille à mesure que les technologies se dématérialisent et se diffusent dans notre environnement, que l’intelligence artificielle devient « ambiante » et que biologie et technologie fusionnent pour donner naissance à des organismes programmés.

Faire corps avec nos machines, coopérer avec elles, développer de nouvelles formes d’intelligence, collective, associant intelligence humaine et intelligence artificielle… est séduisant mais comment nous protéger de « la menace existentielle » que représente l’intelligence artificielle pour l’humanité aux dires même de certains de ses artisans (Elon Musk, Bill Gates, Stephen Hawking…) ? Comment éviter le « jugement dernier » ?

La question ne laisse personne indifférent dans le monde de l’intelligence artificielle (à juste titre : les problèmes bien réels d’aujourd’hui laissent craindre le pire si rien n’était fait pour y remédier) : militant.e.s, chercheur.se.s, Big Tech, ingénieur.e.s et industriel.le.s, États et organisations internationales, chacun.e propose ses solutions pour garantir que les technologies d’intelligence artificielle sous toutes leurs formes bénéficient au plus grand nombre.

Et il est généralement question

Une feuille de route dont nous pouvons nous aussi, à notre niveau, être les acteur.rice.s, par exemple en adoptant un « logiciel » éthique ou en militant pour une réforme en profondeur de l’éducation et de la formation professionnelle pour permettre à chacun.e d’apprivoiser l’intelligence artificielle.

Pas de question cette semaine, mais une invitation… à poursuivre l’exploration des tendances qui esquissent le champ des possibles en matière du futur du travail, avant notre atelier de mercredi.
Mégatendances, signaux faibles, éclairages d’expert.e.s, regards d’artistes, un dossier thématique bien complet (et bien dense) à retrouver dans notre spéciale Travail.

À dimanche prochain pour de nouvelles Nouvelles du Futur.

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