La Fabrique des Possibles, une communauté apprenante pour anticiper les transformations du travail et de la société et changer de trajectoire

Les Nouvelles du Futur — Futurons !

Les nouvelles du futur

Fragments de ce qui est à venir et signes avant-coureurs

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Le futur est… un monde sans travail

Oui, comme dans Wall-e

Un monde où les robots et l’intelligence artificielle s’acquitteraient à notre place de toutes les tâches auxquelles nous consacrons aujourd’hui l’essentiel de notre temps. Un monde d’oisiveté et de loisirs, dans sa version optimiste (quoique… les humains de Wall-e offrent un spectacle plutôt.. navrant), un monde de chômage généralisé et d’inégalités accrues dans sa version pessimiste (celle de Trepalium tiens par exemple).

Le débat réactivé par le développement exponentiel des NBIC (nano et biotechnologies, technologies de l’information et sciences cognitives) n’est pas nouveau. Pas plus d’ailleurs que l’angoisse de l’automatisation (automation anxiety) qui l’accompagne et explose occasionnellement en révoltes sanglantes.

En 1589, William Lee, inventeur de la machine à tricoter les bas, fut éconduit par la reine Elisabeth I auprès de qui il sollicitait un brevet et qui craignait de voir ses sujets s’appauvrir et se transformer en hordes de clochards.

En 1744, les ouvriers lyonnais se mettent « en grève » pour protester contre le nouveau règlement de leur travail qui accompagne l’introduction des métiers à tisser mécaniques de Vaucanson. Une semaine d’émeutes qui se soldera par pendaisons et condamnations aux galères.

En 1811, dans les premières heures de la révolution industrielle, il faudra dépêcher la troupe (12 000 soldats !) dans les Midlands pour réprimer dans le sang le soulèvement des luddites qui protestaient — eux aussi — contre l’arrivée des métiers à tisser. Les discours et chant de Lord Byron prenant leur défense n’y feront rien.

Et en 1930, c’est John Maynard Keynes qui évoque la possibilité d’un «  chômage technologique » parce que « l’on découvre de nouvelles façons d’économiser du travail plus rapidement que de nouvelles utilisations de ce travail » (il assurait également que ce phénomène ne pouvait être que transitoire). L’histoire économique a déjoué sa prévision… jusqu’à l’avènement des NTIC, qui ravivent le débat.

En 1995, pour Jeremy Rifkin, spécialiste étatsunien de la prospective, c’est clair la technologie va progressivement remplacer la force de travail humaine et il faut s’y préparer en investissant massivement dans l’économie sociale. Il faut anticiper le chômage et l’extension de la misère et travailler à l’avènement d’une société moins marchande et plus solidaire autour d’un tiers secteur. Son livre, La Fin du Travail, traduit et publié en français en 1997, est un best-seller et sera l’objet de très vives polémiques. Plus de vingt ans après, et bien que les faits lui aient donné tort, il continue à alimenter l’imaginaire de la gauche française.

En réalité, même pour Rifkin, le travail ne disparaît pas complètement, mais se concentre dans quelques secteurs et quelques fonctions (en particulier dans ce qu’il appelle le secteur de la connaissance) et peut dès lors être exercé par un nombre restreint de personnes : une petite élite d’entrepreneurs, de scientifiques, de professeurs, de consultants, de « manipulateurs de symboles ». La révolution scientifique et technique que nous traversons mettrait ainsi un terme définitif au processus auquel s’accrochent encore pourtant désespérément économistes et hommes politiques, qui postule que les emplois détruits dans un secteur sont remplacés par de nouveaux postes de travail dans de nouveaux secteurs. Et Rifkin n’est pas le seul à pointer les limites de « la destruction créatrice ».

Pénurie de travail, montée des inégalités, plutôt que fin du travail, pour Aaron Benanav, auteur de Automation, the Future of Work le danger ne viendrait même pas de l’automatisation… mais de la stagnation séculaire de l’économie. En d’autres termes, de l’impossibilité d’une croissance soutenue infinie et donc du plein emploi (sous certaines conditions, que je vous laisse découvrir, ainsi que le débat passionné qui oppose les économistes sur le sujet).

Quelques soient les théories économiques auxquelles adhèrent les commentateur.rice.s, une chose semble certaine : quantité d’emplois vont évoluer de façon considérable (ce qui, au passage, suppose une réforme en profondeur tant de la formation initiale que de la formation continue).

Allez, au pire on pourra toujours, comme dans Interstellar, retourner à la terre et chasser les drones.

Et d’ici là, vous pouvez vous forger une opinion en explorant notre spéciale Travail : signes avant-coureurs, éclairages d’expert.e.s, regards d’artistes… Tout pour décoder le présent et anticiper ce qui est à venir.

À dimanche prochain pour de nouvelles Nouvelles du Futur !

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