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Les Nouvelles du Futur — Futurons !

Les nouvelles du futur

Fragments de ce qui est à venir et signes avant-coureurs

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Le futur est… une forêt

Trop Long, Pas le temps

La forêt, à l’état naturel, nous rend d’innombrables services :

  • ressource renouvelable, elle fait vivre 1,6 milliards de personnes dans le monde
  • elle séquestre le gaz carbonique (facteur de réchauffement climatique) et produit de l’oxygène
  • elle purifie l’air et l’eau
  • elle prévient les risques naturels
  • elle nous soigne

Elle est l’une des clés d’un futur soutenable, mais elle est menacée par la déforestation et les méthodes de gestion court-termistes.

Il est urgent de la protéger, de la restaurer et de la gérer comme le bien commun qu’elle est.

Les technologies peuvent y aider mais faut-il laisser la Big Tech, après la pétrochimie et Big Pharma, faire main basse sur le vivant ?

Après tout, c’est dimanche !

Comestible, miniature, urbaine, naturelle, primaire… Le futur est une forêt.

C’est que la forêt joue un rôle essentiel dans l’équilibre et la santé de nos écosystèmes, à l’échelle de nos territoires comme à celle de la planète.

Les forêts, le bois sont, depuis la nuit des temps, une ressource renouvelable dont dépendent aujourd’hui 1,6 milliard de personnes.

Les forêts, on commence à le savoir, jouent aussi un rôle essentiel dans la séquestration du dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre présent dans l’atmosphère (et responsable avec les autres GES du réchauffement climatique). Merci la photosynthèse, qui, en prime, est aussi productrice d’oxygène. Et si ça ne suffisait pas, les forêts ont aussi une fonction d’épuration. De l’air. Et de l’eau. Et peuvent jouer un rôle non négligeable dans la prévention des risques naturels, en empêchant glissements de terrain, érosion des sols, crues torrentielles ou avalanches.

Elles hébergent enfin 80% de la biodiversité terrestre — biodiversité qui est essentielle à la résilience des écosystèmes —  nous font du bien à l’âme et au corps, médicaments et preuves scientifiques à l’appui, et font partie intégrante de l’identité de nos territoires.

La forêt rend tellement de services écosystémiques à toutes les échelles (et aucune technologie ne peut prétendre à cela), qu’elle apparaît de plus en plus comme l’une des clés pour un futur soutenable, écologiquement, socialement et économiquement.

On ne compte plus les amateur.rice.s de jardin et les agriculteur.rice.s qui adoptent le modèle de la forêt comestible ou forêt jardin conceptualisé par l’anglais Robert Hart et conçoivent leurs potagers et exploitations agricoles sur le modèle des forêts naturelles et de leurs différents étages de végétation. C’est que la forêt sans l’intervention de l’homme est un milieu extrêmement productif, résilient et fécond.

Les forêts miniatures Miyawaki (du nom de leur inventeur) s’en veulent la démonstration. Imaginée par un botaniste japonais, cette technique inspirée là encore des forêts naturelles consiste à créer sur des parcelles même de petite taille des plantations très denses (3 arbres par m2) d’essences locales pour favoriser la communication racinaire, limiter la croissance d’herbes adventices et créer une situation de compétition vertueuse pour la lumière entre les plants. En 3 ans, la micro forêt ainsi créée pourra se passer de toute intervention humaine et sera jusqu’à 30 fois plus dense qu’une plantation d’arbres classique et 100 fois plus riche en biodiversité, créant un écosystème stable et résilient filtrant poussières et bruits jusqu’à 30 fois plus qu’une forêt de culture traditionnelle.  Plus de 3000 forêts auraient déjà été plantées sur ce modèle. La ville est un de leur terrain de prédilection et élu.e.s, urbanistes et aménageur.se.s eux aussi se convertissent aux vertus de la forêt.

Début février 2020, la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) a ainsi annoncé qu’une soixantaine de villes dans le monde avaient parfaitement saisi ces qualités en rejoignant son Programme mondial des villes forestières lancé en 2018. Dublin, Quito, Madrid ou Paris, New York et Toronto…

En Europe, c’est Milan qui fait figure de pionnière. Elle veut être la première ville à opérer une transformation radicale de son environnement, aujourd’hui le plus industriel de la péninsule. Son maire, Giuseppe Sala, a décidé de planter 3 millions d’arbres d’ici à 2030, le triple du nombre des habitants de la ville, et il assure qu’à terme sa forêt urbaine permettra d’abaisser de 2 degrés la température moyenne et d’absorber 5 millions de tonnes de CO2 par an, soit 80 % de l’ensemble des émissions de la ville. En 2014 déjà, il a autorisé la construction des premiers gratte-ciel forestiers – le complexe Bosco Verticale – recouverts de 20.000 arbres et arbustes.

Son architecte, Stefano Boeri, est le chef de file d’un mouvement qui milite pour encourager cette foresterie urbaine. Dans un appel relayé en décembre 2018 , à la veille du premier forum mondial des forêts urbaines, il invitait tous les professionnels de l’urbanisme à considérer l’arbre « comme un partenaire de la ville du futur ».

Le botaniste Francis Hallé, célèbre pour ses travaux sur la vie des arbres, lui va plus loin, il veut recréer une forêt primaire européenne pour rétablir un cycle naturel à l’échelle du temps long, et apporter un début de réponse concrète, fondée sur l’observation et la connaissance scientifiques, à la question de la déforestation, de la perte de la biodiversité et de leurs conséquence pour la chaîne du vivant.

Car pour que la forêt puisse remplir son rôle de « poumon vert », encore faut-il que ce qui reste de forêts primaires — forêts vierges, qui ont atteint leur maturité sans que la présence humaine ne les transforme et n’ont donc jamais été exploitées, fragmentées ou défrichées —  échappe à la déforestation et que nos modes de gestion forestière évoluent.

Chauffage, construction, fabrication de papier et de carton… Les projections font état d’un triplement de la demande en ressources bois d’ici 2050 et c’est sans compter la production croissante de denrées comme le caoutchouc, le soja, l’huile de palme, le bœuf et le sucre, qui sont toutes des vecteurs importants de déforestation.

Il est urgent pour le WWF et les ONG de conservation de la nature d’engager une large concertation avec tous les acteurs — gouvernements, industriels, propriétaires et gestionnaires de forêts, entreprises et organisations consommatrices des produits de la forêt, populations — pour  prendre en compte la qualité de bien commun des forêts et les services écosystémiques qu’elles nous rendent dans leur globalité et

Un défi de taille, que les technologies peuvent nous aider à relever, comme d’ailleurs les questions liées à la sécurité alimentaire, en permettant notamment, grâce aux réseaux de capteurs autonomes sans fil et à l’imagerie satellite, un suivi très précis (au mètre carré voir à l’arbre) des écosystèmes (qualité des sols, de l’air…) et un traçage fin des arbres tout au long de leur cycle de vie

Pas étonnant que la Big Tech s’intéresse de plus en plus près à l’agriculture et y investisse massivement à l’image d’Alphabet, maison mère de Google, et Microsoft.

En attendant, c’est dimanche… Et si on prenait un petit bain de forêt ?

J’y vais et vous dit à dimanche prochain pour des Nouvelles du Futur spéciales Noël.

C'est à vous !

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